En décidant d’apporter ses solutions logicielles embarquées critiques dédiées à la sûreté et à la cybersécurité au projet espagnol SAETA II (*), mené par Airbus Defence and Space, la société Sysgo, éditeur de systèmes d’exploitation et d’hyperviseurs pour environnements critiques, apporte sa pierre à l’édifice d’une évolution des plateformes aéronautiques qui tendent à aller de plus en plus dans un approche de type “software defined” (conception définie par logiciel).
Avec en ligne de mire une meilleure maîtrise de technologies certifiables et sécurisées qui deviennent un élément stratégique.
Dans ce cadre, la proposition de Sysgo s’appuie sur deux piliers technologiques complémentaires : PikeOS, un système d’exploitation temps réel associé à un hyperviseur, et ELinOS, une distribution Linux embarquée. Cette combinaison permet, selon Sysgo, de répondre aux exigences des architectures avioniques modernes, notamment celles basées sur des systèmes à criticité mixte.
Toujours selon Sysgo, grâce à une architecture à noyau de séparation, PikeOS permet d’isoler des applications de niveaux de criticité différents sur une même plateforme matérielle, garantissant ainsi un comportement déterministe et une sécurité renforcée. Une approche essentielle dans les systèmes aéronautiques soumis aux exigences de certification les plus strictes, notamment les normes DAL A et SAL 3, ainsi qu’aux standards tels que l’ARINC 653.
Dans le cadre du rogramme SAETA II qui illustre une évolution vers des systèmes d’entraînement capables de s’adapter aux besoins futurs, les technologies proposées par Sysgo permettent, selon la société, de soutenir cette flexibilité grâce à une base logicielle modulaire, évolutive et maintenable sur le long terme.
Avec un champ d’application allant des systèmes d’affichage cockpit jusqu’aux calculateurs de mission, en passant par les systèmes de communication et d’identification.
Dans ces architectures modernes, PikeOS permet d’exécuter simultanément des fonctions critiques et non critiques, telles que le traitement des capteurs, la navigation ou la gestion des communications, tout en assurant une isolation stricte entre ces applications. Une capacité de consolidation qui réduit, selon Sysygo, la complexité matérielle et facilite la maintenance des systèmes, tout en améliorant leur fiabilité globale.
De manière plus générale, Sysgo indique qu’avec l’intégration croissante de fonctions avancées, y compris l’intelligence artificielle (IA), les systèmes avioniques doivent évoluer vers des architectures plus flexibles et plus puissantes. Il est est donc nécessaire d’avoir à disposition des solutions procurant une base permettant d’intégrer ces nouvelles capacités tout en respectant les contraintes de certification. Cette évolution marque une transition vers des plateformes où le logiciel joue un rôle central dans la performance et la sécurité.
(*) Airbus Defence and Space a présenté le 28 avril 2026, depuis Getafe en Espagne, le programme industriel du nouveau Système intégré d’entraînement au combat (ITS-C) de l’Armée de l’air et de l’espace espagnole. Désigné SAETA II, ce programme remplacera la flotte des avions F-5 et mobilisera 60 % d’industrie nationale espagnole. Airbus en est le maître d’œuvre, dans le cadre d’un accord de co-développement avec le constructeur turc Turkish Aerospace, fabricant de l’avion d’entraînement militaire Hürjet sur lequel repose le programme.

